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Ce qu'un organisme fait du temps qu'il récupère

Le temps administratif rendu ne sert pas à travailler moins. Il sert à ce qu'un stagiaire attend vraiment, et que personne n'a le temps de lui donner.

Une journée dans un organisme de formation ne ressemble pas à ce qu'on imagine de l'extérieur.

Il y a les heures de formation, bien sûr. Et autour, tout le reste : retrouver un émargement, relancer un stagiaire qui n'a pas rendu son évaluation, remplir un tableau de suivi, préparer un dossier de financement, vérifier qu'un formateur a bien transmis son attestation.

Ce travail est nécessaire. Une partie est même obligatoire — le référentiel qualité l'exige, les financeurs le réclament. Mais personne ne l'a choisi en montant son organisme.

La question qu'on ne se pose pas

Quand on parle d'alléger l'administratif, on parle presque toujours de temps gagné. Combien d'heures par semaine, combien de jours par mois.

C'est une mesure honnête, mais elle s'arrête trop tôt. La vraie question vient après : ce temps, il sert à quoi ?

Parce qu'il ne disparaît pas dans le vide. Il retourne quelque part.

Trois endroits où il retourne

Au stagiaire qui décroche.

Tout formateur sait repérer celui qui s'éteint. Il assiste, il ne dit rien, il ne rend pas. On voit le signal, et on n'a pas le temps de l'appeler.

Un quart d'heure au téléphone au bon moment sauve souvent un parcours. Ce quart d'heure ne se trouve jamais dans une semaine où l'on court après des émargements.

Au client qui hésite.

Un prospect appelle, il pose trois questions, il veut comprendre si la formation lui correspond. La réponse qu'il obtient décide de tout.

Répondre le jour même, en détail, en s'intéressant vraiment à sa situation — cela demande vingt minutes. C'est souvent ce qui distingue l'organisme qui signe de celui qui envoie une plaquette.

À ce que l'organisme n'a jamais eu le temps de construire.

Un nouveau module. Une refonte du support qui date de trois ans. Une réponse à un appel d'offres qu'on a laissé passer l'an dernier faute de temps.

C'est là que se joue la croissance d'un organisme, et c'est toujours ce qui saute en premier quand la semaine est chargée.

Pourquoi c'est un sujet de dirigeant

Un formateur pense à sa prochaine session. Un dirigeant pense à ce que son organisme sera dans deux ans.

De ce point de vue, le temps administratif n'est pas une gêne — c'est un coût d'opportunité. Chaque heure passée à reconstituer un dossier est une heure qui n'est pas allée au développement, au conseil, à la qualité de ce qui est délivré.

Et cette heure-là ne se facture pas. Elle ne fait que diminuer ce qui reste.

Ce qui change concrètement

Ce n'est pas magique, et rien ne disparaît. Le référentiel qualité continue d'exiger ses preuves, les financeurs leurs justificatifs, l'administration son bilan annuel.

Ce qui change, c'est le moment où le travail se fait.

Quand les évaluations se collectent au fil des sessions, quand les présences s'enregistrent à mesure, quand le bilan pédagogique et financier se remplit tout au long de l'année, il ne reste plus, au moment venu, qu'à vérifier et signer.

La différence entre reconstituer et vérifier, c'est plusieurs jours de travail — et la tranquillité d'un dossier qu'on sait complet.

Ce que le stagiaire perçoit

Il ne voit rien de tout cela, et c'est très bien ainsi.

Ce qu'il perçoit, c'est un organisme qui répond vite, qui remarque quand il décroche, qui a le temps de lui expliquer ce qu'il n'a pas compris.

C'est ce qui fait qu'il recommande. Et dans ce métier, la recommandation vaut plus que n'importe quelle campagne.

Le mot de la fin

Alléger l'administratif n'a jamais été un objectif en soi. Personne ne monte un organisme de formation pour remplir moins de tableaux.

L'objectif, c'est de rendre du temps à ce pour quoi l'organisme existe : transmettre, accompagner, et être là quand quelqu'un en a besoin.

Le reste n'est que de l'organisation.

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